Les élèves de 4e CHAM avaient rendez-vous ce mardi avec le patrimoine de leur ville. Lors d'une visite conférence qui a permis de mettre en résonance leur programme de français et d‘histoire, ils y ont découvert les lieux où se sont joués des événements majeurs annonçant la Révolution française. C'est en effet à Versailles que Louis XVI convoqua les Etats Généraux pour essayer de répondre à la grave crise financière que traversait la France.

Le 4 mai, entre 7 heures et 8 heures, les députés furent rassemblés devant l’Eglise Notre-Dame pour une procession qui inaugura l’ouverture de ces Etats Généraux. Les séances de travail commencèrent le 5 mai 1789 et se tinrent à l’Hôtel des Menus Plaisirs où nos élèves de la maîtrise reçoivent aujourd’hui leur formation musicale.

Mais le 20 juin au matin, les députés du Tiers trouvèrent fermées les portes de leur salle de réunion des Menus Plaisirs qui avait été fermée sur ordre royal.  Ils se transportèrent à quelques pas de là, dans la Salle du Jeu de Paume où, sous la présidence de Bailly, tous les députés, sauf un, prêtèrent le serment du Jeu de Paume, s’engageant « à ne jamais se séparer et à se rassembler partout où les circonstances l’exigeraient jusqu’à ce que la Constitution fût établie et affermie sur des fondements solides. »

Ce sont ces quelques semaines décisives pour l’avenir de l’histoire de France que notre guide talentueux a fait revivre pour nos élèves le temps d’une matinée ensoleillée.


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Les salles de jeux de paume étaient nombreuses à Paris et en province sous l’Ancien Régime. Lors de la fondation de L’Illustre Théâtre, Molière installa sa troupe dans deux salles de jeu de paume parisiennes qu’il aménagea en salle de théâtre à la française.

Ce qui nous reste de nos jours de ces lieux où l’on menait les paris sur les joueurs gagnants c’est une série d’expressions figurées. A vous donc de jouer, non pas à la paume, mais à la découverte du sens caché de ces expressions tout droit venues de la pratique de ce jeu à l’origine du tennis.

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Epater la galerie

Les spectateurs qui faisaient des paris sur les joueurs se trouvaient dans une galerie sur un côté avec un toit en pente et on disait du joueur qui gagnait qu’il épatait la galerie.

Faire bisquer quelqu'un

La bisque est un avantage de points pris par un joueur et qui devait faire enrager son adversaire. L’expression faire bisquer quelqu’un signifie aujourd’hui le faire enrager.

Jeu de main jeu de vilain

On faisait parfois cadeau de balles usagées aux jeunes apprentis qui jouaient avec leurs mains faute de pouvoir s’offrir une raquette ; d’où l’expression jeu de main jeux de vilain.

Prendre la balle au bond

Attraper la balle avant qu'elle ne rebondisse sur le sol était très difficile et seuls les joueurs vifs et chevronnés parvenaient à réussir ce coup.
Au fil du temps, cette expression a été utilisée pour désigner la capacité d'une personne à réagir avec vivacité et à-propos lors d'une conversation.

Qui va à la chasse perd sa place

Au sol, les lignes blanches parallèles au filet étaient appelées les lignes de chasse. Si on mettait le pied sur les lignes de chasse, on était pénalisé et on devait changer de côté, d’où l’expression qui va à la chasse perd sa place.

Rester sur le carreau

Le sol d'un jeu de paume était autrefois constitué de carreaux. Rester sur le carreau était l’expression utilisée quand un joueur tombait en voulant rattraper la balle ou tout simplement quand il perdait la partie.

Le tennis

De jeunes apprentis issus du peuple ramassent les balles au sol qu’ils remettent poliment aux joueurs en disant tenez que les Anglais déformeront en tennis. A moins que tenez ne soit l’exclamation utilisée par les joueurs en lançant la balle.

Tomber à pic

Si la balle tombait au pied du mur du fond, côté dedans, elle marquait une chasse "pic". Avoir la possibilité de réaliser ce point, à certains moments décisifs de la partie, assurait un avantage certain au joueur l'ayant réussi. Tomber à pic, c'est donc faire le bon point au bon moment.

Trépigner

Le jeu de paume s’appelait chez les Romains trepidium qui a donné le verbe trépigner, les joueurs sautant d’un pied sur l’autre pour lancer et recevoir la balle avec la paume de la main.

Un tripot

La salle où se pratiquait ce jeu s’appelait un tripot. Très vite, des paris parfois truqués se développent sur les parties. Ces paris et l’installation d’autres jeux ont donné une mauvaise réputation aux salles de jeu de paume.
Le mot tripot qui a conservé son caractère péjoratif acquis au cours du XVII siècle désigne aujourd’hui des salles où l’on joue à des jeux d’argent.

Texte : F. Sauve