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Ce mardi 3 avril, les élèves de 5ème4, parcours langues anciennes, se sont rendus à Septeuil. Un nom d'origine gaulois, évidemment ! Anciennement "Septuelle", "Septoeil", "Septeville", "Septeuille"",-ialo", voulant dire clairière, espace découvert.

A l'époque gauloise, le territoire actuel des Yvelines se trouvait principalement dans le domaine de la tribu des Carnutes qui s'étendait vers le sud jusqu'à Cenabum (Orléans) et englobait la vaste forêt d'Yveline.

Parmi les sites les plus remarquables découverts figure le sanctuaire de Bennecourt qui a subsisté jusqu'à l'époque gallo-romaine et dont le CDI du collège possède une maquette, empruntée pendant 15 jours au Service Archéologique des Yvelines. On doit y ajouter Diodurum (près de Pontchartrain qui se trouvait au croisement de deux importantes voies romaines) ainsi que plusieurs villae, notamment à Richebourg, Limetz-Villez et aux Mesnuls (La Millière), et un sanctuaire dédié au dieu Mithra à Septeuil, un nymphée. Nous y voici !

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Un nymphée (en grec ancien νυμφαιον / nymphaion, en latin nymphaeum) renvoie à l'origine, dans le monde grec, à un sanctuaire dédié aux nymphes. Les nymphes étaient des créatures mythologiques de niveau inférieur aux dieux et déesses (pensez à la nymphe Calypso, amoureuse d'Ulysse dans l'Odyssée d'Homère) associées aux sources, aux bois et aux montagnes. À cette époque, le nymphée prenait généralement la forme d'une grotte naturelle ou artificielle (dans ce cas construite et ornée d'un décor de rocailles) associée à une source.

Comment le site de Septeuil a-t-il été découvert ?


Dans les années quatre-vingt, les travaux de déviation de la RN183 (actuelle RD983) ont entraîné la découverte de plusieurs vestiges archéologiques sur cette commune des Yvelines, dont un habitat gaulois, une nécropole et le nymphée, site le mieux conservé d'un plus vaste ensemble qui reste encore à fouiller. Avis aux amateurs ! A vos pioches ! On se croirait presque à Pompéi, par Toutatis !


Le bâtiment du sanctuaire de source se présentait sous la forme d’un rectangle terminé par une abside, une petite voûte à cinq pans. Son entrée principale était encadrée pardeux colonnes en marbre gris retrouvées effondrées en place, et donnant sur un bassin dallé de plaques de marbre. Les conditions de travail des archéologues se sont révélées éprouvantes : la fouille a été réalisée sur un terrain humide et cette découverte relevait davantage de l'archéologie subaquatique, qui a l'habitude de travailler dans les cours d'eau, les sources...

Le mur sud possédait une niche abritant la statue d’une nymphe allongée, soutenant une hydrie (vase servant au portage de l’eau). Ce vase était muni d’une ouverture par laquelle jaillissait un filet d’eau.

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On apprend ensuite que ce site a été réaménagé quelques siècles plus tard en sanctuaire dédié au dieu oriental Mithra. Son culte s'effectuait dans des temples nommés mithræa (au singulier, mithræum).

La restauration du site sur le lieu même de la découverte étant techniquement impossible,une reconstitution a été réalisée. C'est celle que nous avons vue ! La statue de la nymphe allongée se trouve, quant à elle, au musée des Antiquités Nationales de Saint Germain en Laye.

Cette visite instructive nous a permis de mieux cerner la démarche des archéologues sur le terrain, d'aborder les techniques de construction d'un bâtiment religieux et de découvrir certains aspects de la religion gallo-romaine.

Un grand merci à Sandrine Lefèvre et à son assistante !

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Crédits : Sandrine Lefèvre, Yvan Barat, archéologues et Wikipédia.