Le vendredi 14 décembre, les élèves latinistes et hellénistes de 5ème ont pu visiter l’exposition événement du château de Versailles : Versailles et l'Antique. Une occasion pour eux de découvrir les statues des dieux et héros antiques les plus célèbres et de comprendre comment la mythologie grecque et les grands personnages de l'Antiquité ont inspiré les artistes français à partir du XVIe jusqu'au XVIIIe siècle.

A850E8E4-C6E1-62D8-F483-4058700332E1File.jpg Artémis de Versailles, Diane chasseresse accompagnée d'une biche
(IVe siècle av J.C, Paris, musée du Louvre, MA589 /
Les frères Chuzeville)

               Cette exposition nous a fait découvrir la somptueuse collection d’antiques du roi LOUIS XIV qui ornaient les châteaux et jardins royaux à Versailles, à Marly et à Fontainebleau. Celui-ci, en effet, était fasciné comme beaucoup de ses contemporains au XVIIe siècle par l’art antique, modèle indépassable de beauté, et voulait faire de Versailles la nouvelle Rome. On appelait «antiques» à cette époque les œuvres d’art créées du Vème au Ier siècle av. J.C. par les Grecs ou par les Romains et découvertes depuis le XVIe siècle en Italie, mais aussi en France, en Afrique, en Turquie, etc

               Dans la grande galerie, nous avons été accueillis par une majestueuse statue égyptienne d’Isis  en grauwacke.  Puis nous avons découvert la statue de marbre blanc d’un étrange personnage ricanant qui jouait des cymbales, c’était un faune, compagnon du dieu Bacchus, une œuvre léguée au roi par son oncle Mazarin, grand amateur d’antiques également.

           Un peu plus loin, nous avons pu admirer la célèbre Diane de Versailles, cadeau du pape Paul IV  au roi Henri II.  On reconnaît la déesse à 4 attributs : son carquois rempli de flèches, un diadème en croissant de lune, un jeune cerf à ses côtés, sa robe courte  et son manteau enroulé à la taille pour mieux courir. C'est une copie romaine d'une œuvre sculptée en 350 av. J. C.par l'artiste grec  Léocharès, auteur également de l’Apollon du Belvédère exposé au Vatican.  En face se dressait la statue de son frère, Apollon lycien, achetée en Turquie pour le roi. Le dieu de la beauté, de l’harmonie et des arts est représenté avec un serpent qui rappelle sa victoire à Delphes sur le monstre Python. Ce dieu était l’emblème du roi-Soleil qui voulait rayonner sur la planète.

                                                  272px-Lycian_Apollo_Louvre_Ma928.jpg Apollon lycien. Marbre, copie romaine du IIe siècle ap. J.-C. d'après un original grec attribué à Praxitèle.

           Non loin de lui se tenait la voluptueuse statue de la déesse Vénus, tenant une pomme dans la main, trouvée à Arles et offerte par la ville au roi.185C5CE6-D67C-DAFA-F90A-FFCA92713AFDFile.jpgAphrodite, dite Vénus d'Arles de Praxitèle (360 av J.C),Paris, musée du Louvre, MA439

         Un peu plus loin, nous avons pu admirer un chef d’œuvre intact de l’antiquité : le Germanicus Savelli, élégant jeune homme nu ; mais sa coupe de cheveux nous indique qu’il s’agit en fait du gendre d’Auguste, Marcellus, représenté sous la forme du dieu Mercure, qu’on reconnaissait à trois attributs : son caducée, son manteau de voyageur, et un petit animal à ses pieds : une tortue.

          Au milieu de la salle du premier étage trône une grande sculpture de Marsy qui ornait la principale fontaine de Versailles : Latone avec ses deux bébés divins, implorant son amant Jupiter de venir à son aide au moment où les paysans de Lycie l’empêchaient de se désaltérer dans un fleuve. Ils seront transformés en grenouilles.

       La salle était ornée de tapisseries et de tableaux représentant des allégories des saisons: Dionysos et Ariane évoquent l’automne, le vieux dieu Saturne représente  l’hiver, la déesse Cérès illustre l’été.

     Les grands hommes de l’Antiquité ont servi de modèles pour les souverains de Versailles. C’est pourquoi nous avons rencontré dans les décors du Château les figures d’Alexandre le Grand bien entendu, mais également des empereurs Trajan, Auguste, Alexandre Sévère, ou de Cyrus, l’illustre souverain de Perse. Ainsi, dans la salle du Maroc, nous avons observé un grand tableau de Rubens montrant la reine des Scythes Massagètes, Thomyris, ordonnant de plonger la tête coupée du roi Cyrus dans un vase de sang, pour le punir de sa soif de sang et de son orgueil.

                         A71A4BC5-B80C-85CA-471E-41F84CFD41FBFile.jpgThomyris, reine des Scythes,fait plonger la tête de Cyrus dans un vase rempli de sang de Pierre Paul Rubens  (1577-1640), Paris, musée du Louvre, INV1768, Thierry Le Mage

Un autre grand tableau de Le Brun montrait l’arrivée du roi Alexandre le Grand, modèle pour le roi-Soleil, dans Babylone vaincue.

      Louis XIV s’est plu aussi à collectionner les bustes et médaillons des plus célèbres empereurs romains (Auguste, Trajan, Hadrien) que nous avons pu admirer dans la salle suivante, ainsi que des bronzes et des vases en marbre, porphyre, turquin (bardiglio) qu’il faisait copier par les artistes de l’Académie de France à Rome.

          La dernière galerie exposait les œuvres d’artistes français inspirés par la mythologie antique : la farouche Atalante, qui faisait exécuter tous ses prétendants moins rapides qu’elle à la course, représentée en pleine course sur un pied ; son amoureux, Hippomène, qui grâce à Vénus et à ses pommes d’or, put la vaincre ; et enfin, pour illustrer la mythologie galante, deux célèbres Vénus callipyges, admirant leur fessier reflété dans l’eau au sortir du bain.

                                     88F5CFC5-77B2-2C5F-8AC4-904AB651A70FFile.jpgVénus callipyge
Francois Barois (1656-1726), Paris, musée du Louvre, MR1999/ Jean-Gilles Berizzi

          Un coup d’œil dans une dernière salle nous permet de constater que ce goût pour l’antiquité a perduré dans la décoration de Versailles jusqu'au XVIIIe siècle : tableaux, boiseries, statues continuent d’illustrer des épisodes ou personnages de l’antiquité : Cupidon, Esope, la princesse Adélaïde représentée en Diane ...

           Merci à notre conférencière pour toutes ces explications.

                                                                                                  P. Quiquempois